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Les carnets de la longue dame brune... » Luciole in the Dark | Bloguez.com

 Les carnets de la longue dame brune...

20/10/2008
Ma bande son d'un dimanche à Fécamp.
"Okay, j'conduis, mais je choisis la musique !"

(Clic-clic sur les notes)


Attendez Que Ma Joie Revienne

Attendez que ma joie revienne, et que se meure le souvenir de cet amour, de tant de peine qui n'en finit pas de mourir. Avant de me dire je t'aime, avant que je puisse vous le dire, attendez que ma joie revienne, qu'au matin je puisse sourire... Laissez-moi ; le chagrin m'emporte et je vogue sur mon délire. Laissez-moi ; ouvrez cette porte ! Laissez-moi ; je vais revenir... J'attendrai que ma joie revienne, et que soit mort le souvenir de cet amour, de tant de peine pour lequel j'ai voulu mourir. J'attendrai que ma joie revienne, qu'au matin je puisse sourire, que le vent ait séché ma peine et la nuit calmé mon délire... Il est, paraît-il, un rivage où l'on guérit du mal d'aimer. Les amours mortes y font naufrage, épaves mortes du passé. Si tu veux que ma joie revienne, qu'au matin, je puisse sourire, vers ce pays où meurt la peine, je t'en prie, laisse-moi partir ! Il faut de mes amours anciennes que périsse le souvenir, pour que, libérée de ma chaîne, vers toi, je puisse revenir... Alors, je t'en fais la promesse, ensemble nous irons cueillir, au jardin fou de la tendresse, la fleur d'amour qui va s'ouvrir ! Mais c'est trop tôt pour dire "Je t'aime", trop tôt pour te l'entendre dire. La voix que j'entends, c'est la sienne. Ils sont vivants, mes souvenirs. Pardonne-moi : c'est lui que j'aime... Le passé ne veut pas mourir...





Tu Ne Te Souviendras Pas

Tu ne te souviendras pas de cette nuit où l'on s' aimait. Toutes les nuits, cahin-caha, s'effeuillent au calendrier... Tu ne te souviendras pas de mon visage, de mon nom. Les marionnettes d'ici-bas font trois p'tits tours et puis s'en vont... Tu ne te souviendras pas du vent, des algues, de cette plage, de ce silence, de notre émoi quand se sont mêlés nos visages... Tu ne te souviendras pas ; nous étions là, émerveillés. J'ai glissé un peu contre toi, contre toi, tu m'as entraînée... Tu ne te souviendras pas de nos corps couchés sur le sol. Les corps s'enfoncent comme les pas dans le sable où le vent les vole... Tu ne te souviendras pas : doucement, la nuit s'est penchée, traînant dans son manteau de soie des morceaux de ciel étoilé... L' amour nous menait en voyage. Longtemps, nous avons navigué, la mer se cognait au rivage. Dans tes yeux, je me suis noyée... L'amour nous menait en voyage. On s'est aimé, on s'est aimé... Qu'il fut merveilleux, le naufrage, quand, dans tes bras , j'ai chaviré ! Passent les jours, file le temps, s'égrènent les calendriers, brûle l'été, soufflent les vents. Moi, je ne peux rien oublier... J'attends sur la plage déserte et je vis le creux du passé. Je laisse ma porte entrouverte ; Reviens, nous pourrons la fermer... Tu ne te souviendras pas de cette nuit où l'on s' aimait. Toutes les nuits, cahin-caha, s'effeuillent au calendrier...



Les Amis De Monsieur

Bien qu'il possède une femme charmante, l'ami Durand est un coureur. V'la t'y pas qu'il reluque sa servante, et qu'il la reluque en amateur. Il lui murmure :
"Eh bien, dites donc, ma fille : entre nous, vous êtes fort gentille, et votre personne, crénom d'un chien ! au naturel doit être très bien...

- Ah ! Monsieur, répond la p'tite bonne, c'que vous m'dites n'a rien qui m'étonne car, fit-elle d'un air étourdi, tous les amis d'Monsieur m'l'ont déjà dit !"


Durand, de plus en plus, s'emballe. A la p'tite bonne, il fait la cour et, pour décrocher la timbale, il lui jure toute une vie d' amour.
"Voyons, ne fais pas la dégoûtée ; au contraire, tu devrais être flattée ! Dans la chambre , je monterai sans bruit, laisse donc ta porte ouverte, cette nuit...

- Ah ! Monsieur, répond la p'tite bonne, c'que vous m'dites n'a rien qui m'étonne. Parait qu'je possède un bon lit ; tous les amis d'Monsieur m'l'ont déjà dit !"


Au rendez-vous, elle fut fidèle, mais comme elle hésitait un peu, Durand s'excitant de plus belle, avait la tête et l'cœur en feu... Voyant qu'elle retirait sa ch'mise en devenant rouge comme une cerise, il s'écria, tout folichon :
"J'n'ai jamais vu d'aussi beaux... !

- Ah ! Monsieur, répond la p'tite bonne, c'que vous m'dites n'a rien qui m'étonne. J'comprends que vous soyez ébahi ; tous les amis d'Monsieur m'l'ont déjà dit !"


Comme Durand a d'la galette et qu'il n'est pas vilain garçon, elle n'fit pas longtemps la coquette et céda sans faire de façons. Ici des points pour la censure, puis il s'écria :
"Je t'assure, je te trouve exquise ! C'est merveilleux ! Et qu'ma femme, tu t'y prends bien mieux...

- Ah ! Monsieur, répond la p'tite bonne, c'que vous m'dites n'a rien qui m'étonne. Que j'm'y prends mieux qu'Madame, pardi, tous les amis d'Monsieur m'l'ont déjà dit !"




Vous Entendrez Parler De Lui

Vous entendrez parler de lui. On vous dira dans le pays qu'il était cela ou ceci : n'en croyez rien ! On vous dira, peut-être encore, que la nuit, il couchait dehors, ou bien qu'il était cousu d'or. N'en croyez rien ! Certains diront qu'il était blond, d'autres plus noir que le charbon. On vous dira du bien, du mal, ça m'est égal... Vous entendrez parler de lui. On dira qu'il semblait sorti des Contes des Mille et Une Nuits ou d'une prison. On l'a pris pour le fils d'un roi, on l'a pris pour un je-n'sais-quoi, et même pour les deux à la fois... Qui a raison ? Ils en ont dit, tellement dit, qu'un jour, il dut quitter l'pays. Il a disparu dans la nuit, évanoui... C'est un lundi, je m'en souviens, juste avant le petit matin, nous avons dénoué nos mains, près du canal. Vous entendrez parler de lui, puis il tombera dans l'oubli. On oublie tout ; pourquoi pas lui ? Ce serait normal... Mais que pourront-ils vous en dire, ceux qui ne l'ont pas vu partir ? Il a essayé de sourire... Et ce sourire... Oui, ce sourire... Ah, ce sourire !
Vous entendrez parler de lui... Vous entendrez parler de lui... Vous entendrez parler de lui...
Ça m'est égal !




Ce Matin-Là

J'étais partie, ce matin, au bois,
Pour toi, mon amour, pour toi...
Cueillir les premières fraises des bois,
Pour toi, mon amour, pour toi...
Je t'avais laissé encore endormi
Au creux du petit jour.
Je t'avais laissé encore endormi
Au lit de notre amour...
J'ai pris, tu sais, le petit sentier
Que nous prenions quelquefois
Afin de mieux pouvoir nous embrasser
En allant tous les deux au bois...
Il y avait des larmes de rosée
Sur les fleurs des jardins...
Oh, comme j'aime l'odeur du foin coupé
Dans le petit matin !
Seule, je me suis promenée au bois...
Tant pis pour moi, le loup n'y était pas !
Pour que tu puisses, en te réveillant,
Me trouver contre toi,
J'ai pris le raccourci à travers champs
Et bonjour, me voilà !
J'étais partie, ce matin, au bois,
Bonjour, mon amour, bonjour !
Voici les premières fraises des bois,
Pour toi, mon amour, pour toi...
Pour toi...
Pour toi...




Barbara
(Rue Rémusat)
Photo : Sophie Makhno

Tags : Barbe a Rats

Catégorie : Le Vent du Large

Commentaires

clémence, le 24-10-2008 à 22:54:36 :

Commentaire sans titre

oh my god!!! Barbara...

des chansons moins connues et si belle...

Les amis de monsieur est géniale :d:d:d

 

bisous et merci de la faire vivre encore...

Coyote, le 25-10-2008 à 13:32:10 :

Halte à la désinformation !

Un nouveau complot déjoué par Coyote : mon commentaire d'il y a deux jours sur Barbara a été déplacé par les forces de l'anti-France sous un article concernant un chanteur folklorique américain. Sacrilège ! Donc, pour rétablir la vérité historique je recopie mon commentaire initial ici (non sans avoir imploré la Clémence de Lulu).

"Quel joli temps, octobre...
Merci, chère Follelulu de ce bouquet de chansons de Barbara ! Comment s'en lasser (comment s'enlacer ?). Tu as fait de bons choix en tapant dans des chansons savoureuses mais peu connues. Et que dire de cette belle photo que j'adore : elle se trouve je crois sur le site de Sophie Makhno, qui a écrit quelques textes pour Barbara sur ses deux premiers "vrais" disques ; notamment l'ironique "Les mignons" (une chanson que tous les hommes devraient méditer).
Continue ainsi,
bises de Coyote."

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